Vince
vince — ukulele, basse, voix, humour libre, parenthésiste (oui bin on fait ce qu’on peut hin)
Il y a peu de temps, je zonais sur l’internet ; par hasard (mais y a-t-il un hasard sur internet ?) je suis tombé sur le site relatant le déroulement d’un festival d’Ukulele au Danemark (impossible de remettre la main sur l’URL, désolé). Il y avait plein de photos et faut croire que le décalage entre la chaleur dégagée et le froid imaginé m’a marqué parce que c’est cela qui m’a fait devenir ce que je fais là. C’est important le décalage. En l’occurence on y voyait plein de gens habillés de chemises à fleurs en plein délire rock’n'roll sur leur banquise (ou persque) avec le Petit Instrument. Ça faisait plaisir et envie à voir ; mieux qu’un festival d’Air Guitar en Finlande ! Alors, moi qui ne suis pas musicien pour un sou, n’ai aucun sens du rythme et sait encore moins lire une partition, je m’ai acheté ledit Petit Intrument (sans housse, fatale erreur), un accordeur (oui, j’ai pas du tout l’oreille musicale), quelques mediators (les cordes ont beau être en plastique, j’ai les doigts fragiles), une méthode en français (parce que bon il faut bien commencer quelque-part), quelques songbooks (avant de m’apercevoir que ce sont toujours les mêmes chansons, merci les droits d’auteurs), et voilà (j’avais déjà la chemise hawaïenne) une nouvelle idole était née !
Bon il restait le plus dur à faire. Mais en pratiquant un peu on y arrive, faut dire que c’est plus facile que la guitare normalement (il n’y a que 4 cordes). Après le problème c’est qu’il n’y a qu’un octave et demi et que comme on veut jouer ce que l’on écoute bin … on peut pas tout faire. Faut dire que tout n’est pas faisable non plus (et que les Portes du pénitencier ça a tendance à saouler l’entourage au bout d’un moment (faudrait que j’essaie les Jeux interdits pour changer (à moins que ce soit interdit de jouer ça (ahem)))). Parce que voilà, fatalement, on écoute un peu de tout. Je ne me répèterais pas (faut pas abuser non plus, une fois n’est pas coutume) alors écoutez bien : “Merci la FNAC !” Oui, quand j’étais petit j’écoutais essentiellemet la radio mais aussi les disques des mes parents ce qui me faisait baigner dans une saine ambiance musicale babacoule frenchisante (de Bobby Lapointe à Led Zepplin en passant par Malicorne, Brassens, Anne Sylvestre, John Lee Hooker ou Pink Floyd (entre autres)). Alors, vint un temps où le cadeau d’un lecteur cdrom/cassette me fournit l’indépendance des choix et une cassettothèque personnelle pour finalement rester dans la même veine (je suis un garçon assez ordinaire pour tout vous avouer). Puis un jour, on me demande ce que je veux pour la Noël. Justement j’avais investi dans les Beatles récemment et je trouvais plutôt pas mal le côté aggressif de certaines chansons (d’aucun diraient que je commençais bien tard la période rebelle de l’adolescence en crise avec l’adversité de la société). Ma môman qui était le père noël (et oui je l’avais appris quelques temps plus tôt) s’était donc rendue à la FNAC pour demander un truc “un peu violent comme les Beatles” et elle est revenue (ô joie) avec le Decade of aggression de Slayer, sur les conseils du gentil vendeur (soit mille fois remercié ici, prêcheur de la bonne écoute). Je n’ai même pas osé comptabiliser le temps passé prostré de bonheur devant les enceintes, le volume et les basses à fond et les deux disques de ce live sublime en boucle. Joie, bonheur, félicité ! J’ai fêté (en plus de la Noël) ce jour là, et sans le savoir, le début de mon ouverture musicale (je vous passe les années d’errance entre différents styles, pour la plupart métalliques) qui m’autorise à l’heure actuelle à aprécier avec autant de délectation Mysticum (le meilleur groupe du monde, leur musique est mon sang, ce son est ma cocaïne) comme Lee Perry, comme les Bérus, comme Barry Adamson, comme Mathieu Boogaerts, comme les Dead Kenedys, comme Lhassa, comme Eläkeläiset, comme Impaled Nazarene, comme Django Reinhardt, comme John Zorn, comme Muddy Waters, comme Wagner, comme Pablo Moses, comme les Svinkels, comme La Phaze, comme Arthur H, comme toute la musique traditionnelle où que ce soit dans l’Univers, comme Fantomas, comme Joe Dassin (faut de tout pour faire un monde) … et j’en passe tellement ! Rahhh rien que d’y penser j’ai les poils du dos qui se dressent (pour rester poli).
Du coup, c’est un peu impossible de faire un choix là-dedans. J’aime tout. Enfin tout ce qui est Vrai (par opposition au Commercial) et surtout ce qui est Expérimental (par opposition au Marqueté). S’il ne doit en rester qu’un (d’album, pas d’acteur-français-qui-se-croit-américain-pour-faire-classe-donc-qui-peut-porter-une-juppe-sans-préter-à-rire) ça sera In the streams of inferno de Mysticum, même si la question “et s’il fallait n’en garder qu’un ?” me parait pas très pertinente (faut dire que ça dépend des circonstances (sans aller jusqu’à évoquer les questions subsidiaires en découlant immédiatement : “pourquoi ?”, “ce sera tout ?” et “quand est-ce qu’on mange ?”)).
Bon alors, parce que je tombe dessus et puisque vous insistez (si si je vous vois bien) voilà un exemple de ce qui me file des pustules (profitez-en il y a même un clip en ligne (de Bob hin, pas de mes pustules)). Pourtant j’ai rien contre les hollandais (volant ou pas) et je dois même avouer que je suis certainement plus attiré par le nord de l’Europe que le sud.
