Vu cet article sur le blog d’Alban Martin : alban: En direct du midem. Il y est question, comme son titre ne l’indique pas, de la conférence qui a vu se rejoindre Jacques Attali et Chris Anderson (du mythique magazine en ligne Wired) sur le même avis : le futur de la musique passe par l’abandon de la vente de musique en tant que telle (disques, fichiers à télécharger), et devra tout miser sur les concerts… mais pas seulement : aussi sur des « prestations » permettant des accès privilégiés aux artistes (assister à des répétitions, …) et… des « producteurs d’objets nomades distribuant la musique » (?! – j’y reviendrais).
Bon, il est difficile d’imaginer le réel contenu de la discussion avec si peu d’éléments… Et pas trouvé grand chose de pertinent de plus que ce que contient déjà l’article de Alban Martin, cad le court billet sur le blog de Jacques Attali et un article sur news.fr (article qui semble être une dépêche AFP si j’en juge le contenu qui me parait exactement similaire trouvé sur l’Internaute : Midem: recherche nouveau modèle économique désespérément)
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Juste peut-être ce billet un peu court : La jolie réponse d’Attali
Avec si peu d’éléments, je reste assez sur ma faim : mélanger l’idée du gratuit, de longue traine (si ça ne vous dis rien : un tour sur Wikipedia, comme d’habitude, via son article dédié), des « packs VIP » (voir cet autre billet du blog d’Alban Martin : VIP ACCESS, et autres « produits dérivés »), et du tout concerts… voila qui est bien indigeste, des idées piochées dans l’air du temps (tout cela est très à la mode…) et qui ne vont pas ensembles.
Dans le détail : longue traine et « pack VIP » me paraissent pour le moins incompatibles, ce dernier système s’appuyant sur des bases très actuelles de vedettariat.
Ensuite… Pourquoi n’aurait-on plus de vente de disques ? L’objet peut éventuellement passer à la trappe – quoique l’attachement aux pochettes et à l’objet… même la photo numérique finit par être imprimée… l’objet a une importance certaine et n’est pas près de disparaître à mon sens… Mais admettons (bon, elle sonne à ma porte la chauve souri). Le geste d’acheter le disque à la fin du concert parce que l’on a adoré le moment est plus que simplement très répandu, et pour les petites formations c’est un complément de revenu extrêmement intéressant ! Alors oui, on n’a plus forcément besoin d’intermédiaire pour vendre sa musique… Mais cet argument est éculé et finit par énerver : on sait bien que les maisons de disque n’ont pas qu’un rôle de vente de musique !
Ce qui me fait arriver tout droit à la question suivante : qui peut affirmer que l’on pourra financer la création uniquement par des concerts ? Des concerts qui devront être suffisamment nombreux pour faire vivre les artistes… Ce qui implique des frais importants en promotion, sur des années (tiens, les maisons de disque…) ; et pas seulement de la promotion vers le public : se faire connaître pour pouvoir obtenir des contrats et pouvoir jouer ! Problématique d’autant plus difficile que l’offre explose et que le « top 50″ n’a quasiment plus de pertinence…
On rajoutera encore d’autres frais tout autant importants en logistique, tout simplement, pour se déplacer aussi souvent que possible (et donc ne pas prendre en compte les distances).
Et on ajoute encore et encore la nécessité de renouveler souvent son spectacle, et donc tout le travail que cela implique… Comment financer ce travail alors que l’on n’a aucune activité rémunératrice et que sa durée est inconnue ?
Et encore… est-ce que ce modèle conviendrai à tous les artistes ? On n’a pas trop de mal à l’imaginer pour quelques uns des connus « artiste-compositeur-interprète » de la « nouvelle chanson française »… Mais les autres ? Les œuvres moins « évidentes »… Qui n’ont pas plus que 2 ou 3 amateurs dans les plus grosses villes !
Alors qu’il ne me parait faire aucun doute que le nombre de spectateurs aux concerts a explosé sur les 15 dernières années (par qui seraient remplies les salles des centaines de festivals étant apparues un peu partout sinon ?), est-ce que les amateurs de musique curieux, partant à la découverte, sont si nombreux ? Dans le cadre d’un festival c’est assez sympathique de venir pour un concert que l’on attendais, et d’en profiter pour voir quelques autres scènes à côté… Mais… Pouvons nous imaginer un monde avec uniquement des plateformes communautaires regroupant des milliers d’artistes « inconnus » ?
Bref, beaucoup de questions. Et une certaine lassitude de voir asséner par chacun des solutions packagées, prêtes à l’emploi… Alors que l’on va sans aucun doute s’orienter vers des « compromis », comme l’histoire en a toujours connue. La presse n’a pas disparue avec l’Internet par exemple, les 2 modèles cohabitent… L’avenir très proche (et le présent pour bcp…), ce sont bien sûr ces petits sites bricolés à la main ou ces plateformes communautaires, ces pages servant de support aux groupes récents et à toutes ces petites formations régionales qui ont tout à gagner avec l’Internet comme support. Des petites salles qui en profitent tout autant…
Quant aux maisons de disque actuelles… Il y a un certain nombre de chiffres clés qu’il serait intéressant de connaître pour avoir un début de réflexion. Tous ces débats font souvent abstraction de quelques « détails » qui me paraissent importants… Ainsi, moi j’aimerai avoir une idée précise de :
- l’impact du renouvellement des discothèques vinyles vers le CD
- avec l’arrivée des lecteurs DVD (et donc VHS -> DVD), écrans plats, home cinéma, console de jeux, etc… est-ce que la part consacrée aux loisirs par les ménages a diminuée, ou constate-t-on un glissement sensible de la distribution entre chacun des postes correspondants ?
- l’explosion des festivals… que représentent les concerts dans les revenus d’un artiste ? Quels ont été les changements sur, mettons, les 10 dernières années ?
- l’augmentation des ventes de musique autrement que par le disque : mobile, DVD musicaux (tous les chiffres que j’ai vu montraient des croissance à 2 voir 3 chiffres), vente en ligne, …
Le jour ou quelqu’un proposera une solution en prenant tous ces éléments en compte, ce sera un point de départ intéressant
(sûr, ma prochaine lecture sera le livre d’Alban Martin, L’âge de Peer)